Accueil The Lock Blog Consignation hydraulique et pneumatique : la méthode pas à pas
24 mars 2026

Consignation hydraulique et pneumatique : la méthode pas à pas

Accumulateurs, huile piégée et charges suspendues gardent la pression après l'arrêt. L'ordre de la consignation hydraulique, les repères INRS et Suva, le matériel pour chaque vanne.

Consignation hydraulique et pneumatique : la méthode pas à pas

La consignation hydraulique n'est pas terminée quand la pompe s'arrête : l'huile reste sous pression dans les conduites, les vérins et les accumulateurs, et une charge tenue par un vérin maintient cette pression. En construction mécanique générale, l'hydraulique travaille jusqu'à 350 bar, et jusqu'à 5 000 bar dans certains cas comme le formage.[1]

Avant de poser le premier cadenas, la procédure de la machine doit répondre à trois questions :

  1. Quelles pompes, centrales et arrivées d'air comprimé alimentent la machine, et où est chaque point de séparation ?
  2. Y a-t-il des accumulateurs, ou des vérins qui tiennent une charge une fois l'énergie coupée ?
  3. Où sont les manomètres, et quelles vannes demandent un dispositif de consignation pour recevoir un cadenas ?

Partie 1 : Pourquoi la pression reste après l'arrêt

Contrairement à un sectionneur électrique, une vanne hydraulique fermée empêche seulement l'arrivée de nouvelle énergie : ce qui est dans le circuit y reste. La DGUV allemande indique où subsiste l'énergie résiduelle : accumulateurs hydrauliques ou pneumatiques, charges maintenues en hauteur, forces de serrage, pièces sous contrainte.[1]

L'huile qui jaillit d'une fissure sous haute pression provoque des blessures très graves ou des intoxications ; même des vêtements de protection avec gants ne protègent pas complètement.[1]

Où l'énergie restePourquoiComment la neutraliser
Conduites d'alimentationUn autre circuit peut les alimenterFermer et condamner les vannes de séparation
AccumulateurIl garde l'huile sous pression de gazLe décharger ou l'isoler, lire le manomètre
Huile entre deux vannesRien ne la purgeManœuvrer les vannes plusieurs fois
Vérin qui tient une chargeLa gravité maintient la pressionDescendre la charge ou la caler
Air compriméIl reste dans conduites et réservoirsCondamner la vanne d'air, purger le circuit

Partie 2 : Consignation hydraulique, étape par étape

L'INRS décrit la consignation fluidique en quatre opérations : séparation, dissipation (purge), condamnation et vérification.[2] Pour la démarche générale, voir les 6 étapes (et plus) de la consignation (LOTO).

  1. Séparer. Prévenez les opérateurs, arrêtez la machine, puis coupez et condamnez le moteur de la pompe avec votre cadenas personnel : la séparation ne tient que si l'énergie qui met l'huile en mouvement est coupée.[2]
  2. Fermer et condamner. Fermez chaque vanne de séparation et condamnez-la avec un dispositif de consignation de vanne ; l'exemple de la DGUV montre des vannes à bille cadenassables.[1]
  3. Dissiper. Purgez la pression du système, accumulateurs compris, descendez ou calez les charges levées et purgez l'huile piégée.
  4. Vérifier. Manomètres à zéro, aucun mouvement aux commandes, charges sur leurs cales. Remettez ensuite les commandes sur arrêt.
  5. Protéger des installations voisines. Assurez-vous qu'aucune machine voisine ni centrale commune ne peut alimenter votre circuit.[1]

La vérification se fait comme sur une installation en pression.[2] Desserrez les raccords lentement ; si l'huile sort sous pression, arrêtez, purgez à nouveau et revérifiez.[1] C'est l'étape tryout de LOTOTO (lockout, tagout, tryout).

Bonne pratique : Condamnez la vanne de séparation en position fermée et la vanne de purge en position ouverte, comme le prévoit l'INRS.[2] Si la vanne de séparation fuit, la purge ouverte maintient la portion isolée à la pression atmosphérique.

Partie 3 : Accumulateurs, huile piégée et charges levées

Accumulateurs

Déchargez l'accumulateur avec le système, automatiquement ou par la vanne de décharge manuelle du bloc de sécurité, et contrôlez au manomètre. Le côté gaz peut rester sous haute pression : avant toute dépose, déchargez côté huile et côté gaz. Seuls des techniciens formés ou le fabricant interviennent sur un accumulateur.[1]

Huile piégée

Une pression peut subsister dans l'huile piégée entre deux vannes. Purgez-la en manœuvrant les vannes plusieurs fois, ou selon les instructions du fabricant. Sur un vérin, déchargez le côté piston et le côté tige.[1]

Charges levées

Un coulisseau de presse, une table élévatrice ou un axe vertical tenu par un vérin maintient le circuit sous pression. Descendez la charge, bloquez-la avec le dispositif prévu sur la machine ou calez-la de façon sûre.[1] Si une cale ou une broche peut recevoir un cadenas, condamnez-la.[2]

Cas concret : L'IFA allemand a analysé un accident mortel sur une table élévatrice hydraulique. Pour changer le moteur de la pompe, des monteurs l'avaient hissée au palan et calée. Quand l'un d'eux a retiré les cales, la table est retombée et l'a tué : le palan avait créé un vide partiel dans les vérins, et les sécurités hydrauliques n'ont pas retenu la charge. L'IFA conseille, sauf certitude que le circuit est plein d'huile, de tenir la table par le haut et par le bas pendant toute l'intervention.[3]

Partie 4 : Machines hydrauliques et pneumatiques

Une presse hydraulique à brides de serrage pneumatiques demande les deux énergies dans la procédure, chacune avec sa séparation et sa vérification. Consignez d'abord électriquement la pompe et le compresseur.

Côté air, condamnez la vanne d'alimentation, purgez le circuit et lisez le manomètre. Si l'air arrive par un raccord, notre dispositif de consignation pneumatique en acier inoxydable empêche de le rebrancher. Réservoirs et purge sont traités dans notre guide de la consignation pneumatique.

Partie 5 : Ce qu'exigent l'UE, l'INRS et la Suva

  • Directive Machines 2006/42/CE, annexe I, 1.6.3 : la machine doit pouvoir être séparée de chaque source d'énergie, par des dispositifs cadenassables si une remise sous énergie peut mettre des personnes en danger, et l'énergie résiduelle doit pouvoir être dissipée sans risque.[4] Le règlement (UE) 2023/1230 la remplace à partir du 20 janvier 2027.[5]
  • EN ISO 14118, paragraphe 3.3 : séparer, condamner, dissiper ou retenir l'énergie stockée, puis vérifier.[6]
  • EN ISO 4413 et EN ISO 4414 : les normes de conception des systèmes hydrauliques et pneumatiques, avec des exigences pour les accumulateurs à gaz et leur étiquette d'avertissement (4413, 5.4.3 et 7.3.2.1)[7] et pour l'isolement des sources d'énergie (4414, 5.2.8).[8] Point de condamnation ou manomètre manquant : voyez avec le constructeur.
  • France : la consignation fluidique ci-dessus suit l'INRS ED 6109, qui s'inscrit dans le Code du travail (articles R. 4321-1 et suivants).[2]
  • Suisse : règles vitales de la Suva pour la maintenance : couper toutes les énergies et sécuriser l'installation avec son cadenas personnel (règle 3), neutraliser les énergies résiduelles comme une charge en hauteur non sécurisée (règle 4).[9]

Partie 6 : Le rôle de The Lock Box

En dehors du sectionneur du moteur, les points de séparation d'un circuit hydraulique sont des vannes. Le matériel de consignation hydraulique commence donc par la consignation de vanne :

Notez chaque point de séparation, la purge et la vérification dans la fiche de chaque machine avec notre modèle gratuit de procédure de consignation (PDF, Word ou Excel).

Besoin de matériel pour une machine hydraulique ?

Contactez The Lock Box avec les types et tailles de vannes de vos points de séparation : nous proposerons les dispositifs adaptés.


Sources

  1. DGUV. DGUV Information 209-071: Safe maintenance of hydraulic systems (version anglaise de la DGUV Information 209-070), juin 2019, p. 9, 16, 19-20, 29, 55, 61 et 66-68. https://publikationen.dguv.de/widgets/pdf/download/article/255
  2. INRS. ED 6109 : Consignations et déconsignations, 3e édition, octobre 2020, sections 4.1, 6.1 et 7.1. https://www.inrs.fr/dam/inrs/CataloguePapier/ED/TI-ED-6109.pdf
  3. IFA (DGUV). Safety risks of maintenance work on hydraulic machinery, Aus der Arbeit des IFA n° 0185, édition 1/2015. https://www.dguv.de/medien/ifa/en/pub/ada/pdf_en/aifa0185e.pdf
  4. Union européenne. Directive 2006/42/CE relative aux machines, annexe I, section 1.6.3 : séparation des sources d'énergie. https://eur-lex.europa.eu/eli/dir/2006/42/oj
  5. Union européenne. Règlement (UE) 2023/1230 sur les machines (applicable à partir du 20 janvier 2027). https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2023/1230/oj
  6. ISO. ISO 14118:2017 (EN ISO 14118:2018) : Sécurité des machines, Prévention de la mise en marche intempestive, paragraphe 3.3. https://www.iso.org/standard/66460.html
  7. ISO 4413:2010 (EN ISO 4413:2010) : Transmissions hydrauliques, Règles générales et exigences de sécurité relatives aux systèmes et leurs composants, paragraphes 5.4.3 et 7.3.2.1 (sommaire chez DIN Media). https://www.dinmedia.de/en/standard/iso-4413/136949252
  8. ISO 4414:2010 (EN ISO 4414:2010) : Transmissions pneumatiques, Règles générales et exigences de sécurité pour les systèmes et leurs composants, paragraphe 5.2.8 (sommaire chez DIN Media). https://www.dinmedia.de/en/standard/iso-4414/136949268
  9. Suva. Huit règles vitales pour la maintenance, 84040.f, édition révisée de mars 2022, règles 3 et 4. https://www.suva.ch/84040.f